Cycles Erratiques

Les êtres exceptionnels (1/5) : Les tares complémentaires

entreposé voluptueusement dans Historiettes


Jean-Michel Demi était un être particulier. Pour tout dire, il était même exceptionnel. Ne vous méprenez pas : il n’était pas particulièrement intelligent, il était d’une beauté toute relative et il faisait un travail quelconque. Il était exceptionnel dans le sens « unique en son genre », un pas-comme-tout-le-monde malheureux. Ce qui faisait de Jean-Michel un être exceptionnel était sa capacité à ne pas pouvoir, en aucun cas, finir ses phrases.
Ce n’était pas dû à une névrose, une lésion ou une pathologie rare. C’était juste « comme ça » depuis toujours.


De ce fait, Jean-Michel n’avait jamais eu accès ni au monde de la communication ni au monde des réponses. En effet, on se rend compte des désagréments engendrés par une telle particularité :

- Papa, tu pourrais me passer…

- Le quoi fiston ?

- Bah, tu pourrais me passer...

Résultat, le père commençait par lui passer le sel, puis le poivre et ainsi de suite... Alors que le petit Jean-Michel, lui, voulait que papa lui passe 10 balles pour faire un baby avec les copains.


Au moment où les boutons d’hormones faisandées fleurissaient sur son visage d’adolescent à la voix éraillée les soucis devenaient de plus en plus évidents et de plus en plus frustrants :

- Tu sais… T’es trop gentil comme garçon… Je t’aime mon petit Jean-Mi.

- Moi aussi je t’aime ma petite…

- Ma petite …

- Rhhaaa, moi aussi je t’aime ma petite…

- T’es qu’un connard Jean-Michel, ça fait deux mois qu’on est ensemble, tu pourrais au moins te souvenir que mon prénom c’est Paulette !


Les techniques envisagées afin de sauvegarder des relations sociales et d’écourter sa virginité n’étaient pas toujours d’une efficacité foudroyante…

- Tu sais… T’es trop gentil comme garçon… Mon petit Jean-Mi, je t’aime.

- Béatrice (yessss) moi aussi je…

- Oui… ?

- Rhhaaa, Béatrice, moi aussi je…

- T’es qu’un connard Jean-Michel, ça fait deux mois qu’on est ensemble, tu pourrais au moins me dire que tu m’aimes !


On aurait put croire la vie de Jean-Michel vouée à l’échec relationnel, sa meilleure expérience restant celle de « dexter » ou « senestre » suivant son humeur branlante, mais il n’en fut rien car un jour il rencontra une femme exceptionnelle.


Martine De Lacoupe semblait également commune de prime abord. Elle avait un physique plantureux et des doigts de fées forts habiles à fouiller la pâte à pain. Son métier de boulangère lui assurait une rente assez confortable et la garantie de rencontrer autant de prétendants que la Pénélope d’Homère. Et pourtant : elle était célibataire.

Son caractère exceptionnel à elle était de couper la parole de manière grossière et impromptue, et cela à tout bout de champ et à tout le monde. Ce n'était pas la faute à la mauvaise éducation, c'était juste "comme ça" depuis toujours.

Résultat : les hommes lassés de se faire castrer la prose par madame finissaient par quitter Pénélope pour rejoindre Ulysse, à la nage s’il le fallait.


Ces deux êtres exceptionnels se rencontrèrent à l’occasion d’un dîner non mondain où l’un et l’autre ne connaissaient l’hôte que de nom. Le rapprochement fut immédiat. Jean-Michel était séduit par cette femme qui fustigeait les blancs conversationnels avec un naturel surprenant et Martine était exaltée de rencontrer un mâle aussi calme, compréhensif et à l’écoute de ses coupes. Jean-Michel voyant qu’elle le comprenait à demi-mot lui proposa immédiatement :

 - …de devenir ma…

- Oui je le veux !


De la bague au doigt (« Oui, il le veut et moi itou Monsieur le curé ») jusqu’au ballonnement infantile du bidon ils n’eurent de cesse de s’aimer.

Ils donnèrent vie à une tripotée de bambins tous aussi munis de "l’exception" que les « ânes bleus en Majuscule » de ce monde lointain qu'il me faudra un jour vous conter.

Mais, cela est une autre histoire des êtres exceptionnels…



19:00 - 13/01/2008 - poster commentaire

...

Je ne savais pas que tu connaissais mes parents!

BizigDu - 00:57 - 13/08/2007

Re ...

Si tu savais !
Il va me falloir rédiger un pamphlet sur ton caractère exceptionnel maintenant : c'est malin !
:-)

nox - 01:02 - 13/08/2007

bis...

l'exceptionnalité de mon caractère réside dans le fait que je suis une bonne synthèse de Martine et Jean-Mi : verbalement, soit je ne finis pas mes phrases, soit je coupe la parole. Vive l'épistolarité!

BizigDu - 01:18 - 13/08/2007

la larme à l'oeil ;)

Félicitations à Martine et Jean-Mimi !!!
et aussi à toi, nox, de les avoir réuni ;)
J'attends leur suite (descendance) avec hilarité

lupusdei - 12:02 - 13/08/2007

Page d'avant TOURNEZ LA PAGE
Mode de non emploi :
Ecritures basées sur l'essai et l'exercice, absurdes, ironiques et très souvent issues de l'aléatorisation idéative. Touchant à la SFF, mais aussi à des genres plus communs, tant que ça reste ironique...


Nous rapprochons-nous de notre mort? choisissez une case au hasard :
«  10 2008  »
LunMarMerJeuVenSamDim
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031 

Home sweet Home
Trombine avatarisée du script
machine à voyager dans le temps
Les billets des copains
Anice-Fiction
Tea & Science

les derniers jets
- Ode à DAC (ODADAC 1)
- Bancal
- Les cons
- Repos a posteriori
- AVRIL
- Ce qui me tape sur le système
- Clairvoyance discriminatoire
- La Confidence
- La Gestalt appliquée à l’humain

Les copains
- grossabots
- 17h27
- ben
- BizigDu
- Ludwig
- seve
- mwarf
- lupin
- DUMIS
- Danthes
- lanternarius

Nombre de lecteurs :

Créer un blog - Blog2B News Signaler un Abus
Partenaires: Emoticones MSN - Forum Informatique - Forum Sciences - Guide d'Hawaï - Virus MSN