Cycles Erratiques

Photographie du temps noir

entreposé voluptueusement dans Chroniques des causes perdues

Ô connasse extatique, bouche pendante devant la verve à peine honnête de l’infirmier en civil, qui prend la parole comme on arrache un sac à main et qui répond des conneries aussi creuses qu’un ballon de Ricard entre les mains pataudes des alcooliques oubliés du sud du pays, lorsqu’on a commencé à débattre paisiblement la nuit dernière.

Ô espèce de niaise, lorsque ton regard s’éclaire parce qu’il t’a fait rire avec une blague même pas de lui, en te bouffant des yeux avant de te dénuder l’épaule d’un geste amical qui se voulait sensuel, c'est-à-dire présexuel.

« Quand Margot, dégrafait son corsaAage… » Annone-t-il de sa voix éraillé à la prosodie médiocre.

Je lui fais remarquer, tout en enlevant sa paluche sauvage de tes épaules de nacre avec un geste lent mais bien tourné dans le sens inverse des métacarpes, que si certains sont enterrés à Sète d’autres sont pusillanimes (je m’excuse auprès des Nimois pour ce pet de l’esprit).

Il m’a regardé avec des yeux ronds de crapaud étonné. Je bouillonnais.

 

Comment donc peux-tu, sotte de garage et creuse de la boite crânienne, ne pas t’apercevoir de l’hétéro duperie atavique dont ces connards sous résidus de poires blettes font preuve afin de satisfaire l’appel branlant de leur chibre ? Faut-il que tu sois aveugle pour ne pas t’apercevoir que beaucoup recherchent le coït là où toi tu recherches un nid tendre et douillet pour tes voyages oniriques ?

La voilà toute l’ironie !

Attirée par les cons, les irrespectueux de bas étages et profiteurs de tous bords à la quéquette intrépide, tu n’as pas vu ce petit homme, bien mit, dans le coin, sur le tabouret violet et bancal. Un peu timide certes, mais intelligent, et franc. Je l’observais, moi, avec tristesse tandis que toi, mon amie que je ne convoite plus par protection, ma petite sœur allumée au gaz et trop bien entourée pour s’apercevoir qu’il existe des yeux tristes de gens bien à deux pas, tu l’ignorais pour lui préférer la conversation molle de Ducon et D’Ucon.

Je lui ai dit d’aller te voir mais non, il avait sa fierté, il aimait sa peur.

 

Je me rends compte que la folle danse hormonale qui continue à habiter les corps beaux de certaines poules à QI de dinde va, en fait, très bien avec les pulsions pilloneuses des hommes au bagou approximatif et aux charmes superficiels. L’ordre noir des choses. La nature est bien faite, sauf pour ceux qui croient que la morale ou la justice existent en amour.

Alors oui, on va attendre que ça se calme pour cette jeune fille. On va espérer que ça va s’arranger pour ce garçon.

Quant à moi, j’attends de savoir combien de temps je pourrais tenir avant de sortir avec une autre petite conne à l’attitude bornée, sous empathique et revancharde…  Faute de mieux, même certains bastions et certaines valeurs s’effacent devant le désir d’être heureux dans des bras chauds à l’heure ou réfléchir est fortement déconseillé.


Encore faudrait-il que je fasse confiance à quelqu’un, à nouveau, alors que les muscles lourds de la trahison m’enserrent les entrailles encore à toute heure, que ma salive ferreuse est insipide et que je n’arrive même plus à pleurer.

 

Il faudrait que je fasse un  billet sur la confiance.

Histoire d’expliquer pourquoi il m’est dorénavant impossible d’éprouver ce luxe, attitude me résignant à embrasser une misanthropie de plus en plus dure, une existence interne et de plus en plus parallèle à autrui.

 

Mais il ne s’agit pour le moment que d’un instantané.

Une photographie du temps noir.




19:57 - 2/01/2008 - poster commentaire

<i></i>

La patte de Desproges n'est pas loin, c'est dire. Pas de doute une ambiance est créée, un ton est donné, il y a un début et une fin, c'est de la belle ouvrage mais le travail n'apparaît pas.
Serait-ce spontané ? Je n'en crois rien.
L

Edité par Ludwig le 14/01/2008 à 12:36

Ludwig - 12:35 - 14/01/2008

Héhé

Tu aurais tort de douter cher Lud' !

C'est (relativement) spontané : pas dépassé mes 20 minutes de rédac' et de correction rituelles !

Mmmmh, je vois pas bien ce que tu entends par "travail" (tu sais bien que moi, ce mot me hérisse le poil hihi) ?

Quelques précisions pliiiize ?

PT (Post Tapuscriptum) : Quant à Desproges, on en est loin, mais ce n'est pas grave, on va pas tenter d'approcher l'inimitable...

PS : je viens de m'apercevoir que certaines expressions usitées ici sont bien semi-plagiées à Desproges ! J'explique ceci par un amorçage cognitif largement entretenu par mes multiples écoutes de l'artiste susdit ...

Edité par nox le 14/01/2008 à 18:07

nox - 14:11 - 14/01/2008

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Mode de non emploi :
Ecritures basées sur l'essai et l'exercice, absurdes, ironiques et très souvent issues de l'aléatorisation idéative. Touchant à la SFF, mais aussi à des genres plus communs, tant que ça reste ironique...


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