Cycles Erratiques

La Confidence

Entreposé voluptueusement dans Chroniques des causes perdues


La dernière fois que je me suis confié à une relation, j’étais dans une période d’impasses. Que ce soit au niveau professionnel ou sentimental je ne tâtais plus aucun cul hormis celui de sac.

Ainsi, j’étais dans une sorte de coma éveillé où ma motivation (déjà vacillante lorsque tout va bien) était à son plus bas : je me contemplais en stase, béat  dans mon immobilité et spectateur passif du néant caractérisant ma triste existence.

 

Je me devais de sortir de cet engrenage peu constructif, qui ne tarderait pas à se muer sous peu en une dépression chronique si aucun événement significatif (explosion du Prisunic, meurtre de mon coloc’ étouffé dans ses Rice Krispies qui pétillent encore, voisine qui vient nue, pour demander du sel…) ne venait à échouer sur ma vie. Je prenais donc la douloureuse décision de confier mes craintes et d’aller quémander conseils à une de mes relations que j’aurais qualifié de « proche », et dont mes capacités diminuées m’assuraient pourtant qu’elle était « intelligente et empathique ».

 

    ­­Tu sais Nox, je pense que c’est le moment rêvé de faire un retour sur toi-même, ça peut être très instructif…

 

Voilà la raison qui me pousse à ne plus rien divulguer de profond à mes proches depuis ce jour. Je n’ai plus le cœur de les voir lamentablement échouer lors de leurs pénibles tentatives de réconfort. Ne me connaissant pas, ceux qui échouent dorénavant ont au moins l’excuse de ne rien savoir de mes sentiments réels ou de mes pensées préoccupantes.

 

Non mais c’est vrai quoi : quand un mec veut aller de l’avant et ne demande que de l’élan avec un coup de pied au cul pour ce faire, il est inutile de le cajoler en préconisant un  retour en arrière !

Cela me paraît physiquement inconcevable et amicalement pitoyable.



10:02 - 28/02/2008 - Les avis des lecteurs {3}

Dénaturé

Entreposé voluptueusement dans Chroniques des causes perdues

Dénaturé.

 

Comme si toute ma rancœur s’était taillée sans prévenir, au bras d’un prétendant inconnu.

Ma pellicule de misanthropie s’est craquelée, des fendilles laissant à nouveau une porte ouverte entre l’environnement et moi. Par ces interstices je sentais le vent d’autrui s’insinuer pour nettoyer mes entrailles trop noires. Bordel, y manquait plus qu’une touche de compassion ou pire ! (Que Allah me préserve) de l’empathie…

Mais heureusement non, faut pas pousser, y a encore de la résistance. On n’écroule pas un édifice qui a demandé 10 ans de construction comme ça, d’une pichenette, d’un coup d’œil… Si bleu...

 

Je résiste, je ne lui rends pas son sourire à cette boulangère. Pourtant elle est belle. Non, bien mieux : belle et charmante.

Le pain chaud, la monnaie, le « bonne soirée à vous aussi », je pars.

Je rajuste mon col, putain il fait froid, et je mets mes écouteurs, ça m’empêche d’entendre le cliquetis des bouteilles s’entrechoquant en cadence.

 

Merde, comment est-ce possible ? Pas mon genre pourtant… J’veux dire, de me laisser aller à oublier mon jeu d’acteur, ne serait-ce qu’une seconde, en pleine boulangerie. Faut vraiment que je sois au fond du fond. J’y suis.

 

Chez moi, je peux faire ce que je veux. Il n’y a plus le cerbère, celui qui s’est cassé (la faute à ma connerie) et que je regrette, comme tout le monde j’imagine. Alors je peux me mettre minable tout seul un mercredi soir.

C’est bon, la coquille est bien remis en place, ouf : plus d’interstices. Solide carapace, bien enduite de glue, renforcée au chatterton et munie de piques : pour la distance.

Les bouteilles sont là, le verre aussi, quelques ingrédients supplémentaires, un cendrier.

 

Bien au chaud, bien indifférent à nouveau, je peux couper les téléphones et me mettre à reconstruire, petit à petit, boyau par boyau.



23:10 - 13/01/2008 - Les avis des lecteurs {7}

Photographie du temps noir

Entreposé voluptueusement dans Chroniques des causes perdues

Ô connasse extatique, bouche pendante devant la verve à peine honnête de l’infirmier en civil, qui prend la parole comme on arrache un sac à main et qui répond des conneries aussi creuses qu’un ballon de Ricard entre les mains pataudes des alcooliques oubliés du sud du pays, lorsqu’on a commencé à débattre paisiblement la nuit dernière.

Ô espèce de niaise, lorsque ton regard s’éclaire parce qu’il t’a fait rire avec une blague même pas de lui, en te bouffant des yeux avant de te dénuder l’épaule d’un geste amical qui se voulait sensuel, c'est-à-dire présexuel.

« Quand Margot, dégrafait son corsaAage… » Annone-t-il de sa voix éraillé à la prosodie médiocre.

Je lui fais remarquer, tout en enlevant sa paluche sauvage de tes épaules de nacre avec un geste lent mais bien tourné dans le sens inverse des métacarpes, que si certains sont enterrés à Sète d’autres sont pusillanimes (je m’excuse auprès des Nimois pour ce pet de l’esprit).

Il m’a regardé avec des yeux ronds de crapaud étonné. Je bouillonnais.

 

Comment donc peux-tu, sotte de garage et creuse de la boite crânienne, ne pas t’apercevoir de l’hétéro duperie atavique dont ces connards sous résidus de poires blettes font preuve afin de satisfaire l’appel branlant de leur chibre ? Faut-il que tu sois aveugle pour ne pas t’apercevoir que beaucoup recherchent le coït là où toi tu recherches un nid tendre et douillet pour tes voyages oniriques ?

La voilà toute l’ironie !

Attirée par les cons, les irrespectueux de bas étages et profiteurs de tous bords à la quéquette intrépide, tu n’as pas vu ce petit homme, bien mit, dans le coin, sur le tabouret violet et bancal. Un peu timide certes, mais intelligent, et franc. Je l’observais, moi, avec tristesse tandis que toi, mon amie que je ne convoite plus par protection, ma petite sœur allumée au gaz et trop bien entourée pour s’apercevoir qu’il existe des yeux tristes de gens bien à deux pas, tu l’ignorais pour lui préférer la conversation molle de Ducon et D’Ucon.

Je lui ai dit d’aller te voir mais non, il avait sa fierté, il aimait sa peur.

 

Je me rends compte que la folle danse hormonale qui continue à habiter les corps beaux de certaines poules à QI de dinde va, en fait, très bien avec les pulsions pilloneuses des hommes au bagou approximatif et aux charmes superficiels. L’ordre noir des choses. La nature est bien faite, sauf pour ceux qui croient que la morale ou la justice existent en amour.

Alors oui, on va attendre que ça se calme pour cette jeune fille. On va espérer que ça va s’arranger pour ce garçon.

Quant à moi, j’attends de savoir combien de temps je pourrais tenir avant de sortir avec une autre petite conne à l’attitude bornée, sous empathique et revancharde…  Faute de mieux, même certains bastions et certaines valeurs s’effacent devant le désir d’être heureux dans des bras chauds à l’heure ou réfléchir est fortement déconseillé.


Encore faudrait-il que je fasse confiance à quelqu’un, à nouveau, alors que les muscles lourds de la trahison m’enserrent les entrailles encore à toute heure, que ma salive ferreuse est insipide et que je n’arrive même plus à pleurer.

 

Il faudrait que je fasse un  billet sur la confiance.

Histoire d’expliquer pourquoi il m’est dorénavant impossible d’éprouver ce luxe, attitude me résignant à embrasser une misanthropie de plus en plus dure, une existence interne et de plus en plus parallèle à autrui.

 

Mais il ne s’agit pour le moment que d’un instantané.

Une photographie du temps noir.




19:57 - 2/01/2008 - Les avis des lecteurs {2}

Jamais

Entreposé voluptueusement dans Chroniques des causes perdues

Depuis longtemps, je considère la Connaissance comme une barrière entre la « vie » et moi.

Si on y regarde bien, quelqu’un qui recherche -- même de manière astucieuse -- les réponses aux questions intéressantes, est souvent mis à l’écart des communautés en présence.

Lorsqu’en soirée, certains riaient de savoir si « A » ou « B » allait gagner le prix du plus mauvais gueuleur sur TF1, moi j’aimais demander les intérêts intellectuels de chacun.

Si la personne aimait Desproges, je souhaitais parler d’humour noir ; pas elle.

Lorsque le type taquinait la quantique, je souhaitais causer du boson de Higgs ; pas lui.

Les festivités grégaires, elles sont faites pour être avec des gens sans rien partager avec eux, jamais, autre que la connerie et l’aspect le plus superficiel de notre être.

 

Notez, je passe pour un joyeux luron, moqueur et assez aimé. Je joue bien, je joue depuis longtemps. Je joue tellement bien que, chez moi, il me faut un peu de temps pour que je redevienne moi. Mais je n’ai jamais réussi à changer, même en partie. Jamais.

Pourtant je m’en carre de cet aspect là. J’aime rire, certes, mais j’aime aussi les « rencontres ».

Le petit caillou qui accroche la godasse et vous fait tomber sur une personne inconnue, il n’en faut pas plus pour pouvoir assister à des débats décontractés, entrecoupés de jeux de mots, de blagues mais aussi empreints d’informations, d’enrichissement. Du rire et de la passion.

C’est une vision utopiste.

Les « gens » semblent catégoriser de manière imperméable le tiroir « connaissances / débats / infos » et le placard « déconne / rire / saucisson ».

Pour moi, ils sont indissociables, et ne peuvent pas exister l’un sans l’autre. Jamais.

 

Résultat il faut s’adapter. Accepter un minimum cette vision et se retenir, le cœur bouillonnant. Je suis adapté, mon cœur sait se taire maintenant, j’ai appris la patience, la désillusion et le maquillage.

Sinon, on perd ses copains, ses connaissances (les amis, eux, partagent votre vision bien souvent).

Sinon, on se condamne à rationaliser tous les échanges.

Sinon, on ne rencontre plus du tout.

Sinon, on ne tombe plus amoureux, et ça aussi ça compte pour de vrai. On définit alors notre échec émotionnel comme une asymptote : on s’approche à l’infini de l’être aimé (passionnant), sans jamais avoir l’occasion de la toucher. Jamais.

Et ce serait triste, à chialer.

 

L’unique chose sur laquelle jamais je ne dirai « jamais », ce sont donc les compromis. Jamais.




16:22 - 16/11/2007 - Les avis des lecteurs {2}

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Ecritures basées sur l'essai et l'exercice, absurdes, ironiques et très souvent issues de l'aléatorisation idéative. Touchant à la SFF, mais aussi à des genres plus communs, tant que ça reste ironique...


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